08 mai 2009
Rien, je m'en fous.
Un jour je me suis dit que je devrais peut-être faire l'effort de m'habiller un peu mieux, « à la mode » puis finalement je trouve ça ridicule. Quand je regarde les photos de garçons (ou filles) de mon âge qui sont paraît-il « tendance », je me demande comment ils font pour ne pas se trouver grotesques. Surtout que certains ont vraiment des sales têtes. Peut-être qu'ils se trouvent beaux. Moi, j'y arrive pas. Je me « regarde » vite fait dans le miroir le matin le temps de mettre mes cheveux plus ou moins en place et même en deux secondes, je trouve le temps de ruminer. Je ne vois donc pas l'intérêt de faire des efforts vestimentaires, ce serait plus risible qu'autre chose !
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07 novembre 2008
Les nerfs, les nerfs !
Mon p’tit lecteur, tu sais quoi ? J’crois que je me sens vieillir avant l’âge. J’suis grincheux, j’suis râleur, j’suis pas drôle. Cet après-midi, j’étais au collège. Non, je ne reprends pas mes études depuis la sixième ! Je surveille de façon occasionnelle des collégiens. Il se trouve qu’en temps normal ma timidité excessive me contraint à paraître de bonne humeur le temps d’une confrontation avec une personne qu’elle ait 1 an ou 99 ans, qu’elle soit conne ou pas. Eh bien là, figure-toi que j’étais tellement de mauvaise humeur que j’en ai oublié que j’étais timide et… j’ai passé un savon à un p’tit cinquième qui n’a même pas bronché.
Tu dois te demander ce qu’il a bien pu faire pour mériter ça… C’t’animal, il a réussi à être exclu deux fois consécutives en moins de 3 heures d’intervalle. La première fois, il rentre dans le bureau fier de lui, brandissant son carnet de liaison : « elle m’a viré ! ». La deuxième fois, le bureau était bondé : les profs stagiaires qui ne savent pas quoi faire qui viennent parler aux surveillants, les CPE qui tournent et retournent des dossiers dans l’armoire, les élèves qui viennent faire signer leur billet de retard, qui viennent quémander la clef des vécés et v'là t'y pas l’autre qui s’amène avec son carnet, le manteau et le sac en vrac sur ses épaules.
Je l’ai attrapé par la manche qui pendouillait (risquait pas de me dire que je lui faisais mal au moins), je l’ai « traîné » jusque dans la petite salle des « punis » en lui gueulant dessus. Il me semble que j’ai réussi à ne pas dire de gros mots. Avec mon frère, ça aurait sans doute ressemblé à un « bip, tu me fais bip espèce de p’tit bip de bip, tu vas voir ton bip si tu recommences, des petits bip comme toi, on en croise tous les jours et pas des bip, etc., etc. ». Cette fois-ci, il a été obligé de la faire correctement sa punition (oui, parce que d’habitude, les surveillants ne vérifient pas vraiment…) puisqu’elle va être notée et même compter dans sa moyenne. Et je lui ai dit de compter sur moi pour sa note de vie scolaire et j’espère bien pouvoir faire en sorte qu'il n'ait pas un 20 tout cuit.
16:45 Publié dans Au collège | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
13 avril 2008
Donovan, 5C.
LEs 5eme C
GRos bisous jvous adore tous
Enfin presque
PETITE PARANTHESE LES GENS OUBLIER PAS QUE SE SOIR CEST LE CONSEIL DE CLASSE ET QUON VAS SENS PREND PLEIN LA TRONCHE A COSE DE VOS CONNERIE LOL
GROS BISOUS MARINE ET BONNE CHANCE POUR LE CONSEIL CAR MOI JAI LES PETOCHE »
C'est qu'ils sont fiers, en plus ! Je crois qu'après les SEGPA (qui sont particulièrement ingérables ! J'en reparlerai, d'ailleurs...), la 5eC est la classe qui contient le plus d'élèves insupportables. Sur les 23 élèves, j'ai dû en voir défiler une quinzaine le samedi matin et davantage encore pendant les permanences (puisque c'est là qu'atterrissent les élèves exclus par les professeurs).
Tant qu'on y est, mettons fin à une idée reçue : les garçons ne sont pas les pires. Fille ou garçon, même combat : faire l'andouille en cours.
J'ai l'impression qu'il existe une espèce de concours. Même deux. Un concours entre classes et un concours entre élèves. Le but étant d'être la pire classe de l'établissement / l'élève qui collectionne le plus de punitions.
Le dernier élève puni avant les vacances, Donovan, a entrepris de passer un coup de balai dans la salle de techno pendant que le professeur faisait cours. Ce dernier a bien entendu tenté de lui faire lâcher ce balai pour retourner à sa place mais, encouragé par les rires de ses camarades, Donovan ne s'est pas démonté et n'a jamais voulu lâcher ce fichu balai. Les autres un peu turbulents (la dernière heure du vendredi est propice au chahut) s'y sont mis, provoquant un véritable cirque dans cette salle. On s'est donc (encore) retrouvés avec une moitié de classe en salle de permanence et des élèves à surveiller le samedi après-midi (le Principal va finir par croire que nous avons des complices parmi les professeurs...).
Je l'avais déjà dit mais je répète : quand on appelle les parents, ça ne leur fait ni chaud ni froid. Certains s'en amuseraient presque. « On fera le nécessaire » que d'autres disent mais quand je vois la mine réjouie du petit le lundi matin, je me dis que la punition a dû être bien légère...
05:44 Publié dans Au collège | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note
11 avril 2008
Pandore et Brontès
J'ai remarqué au cours de mes premières heures de surveillant en collège que j'avais un mal fou à comprendre la voix des adolescents mâles en mue. Non seulement ils parlent vite mais en plus ils ont cette espèce de voix mi fillette mi monstre qui rend leurs propos insaisissables.
Il n'est pas rare que je leur demande de répéter DOU-CE-MENT. Le collégien est en perpétuelle excitation. Il court dans tous les sens et aime venir dans le bureau des surveillants pour un oui pour un non. Je me demande d'ailleurs si certains ne font pas exprès d'arriver en retard pour commencer la journée par un autographe de Pandore, la jolie surveillante.
Imaginez un peu la déception quand ils débarquent tout guillerets dans le bureau et qu'ils découvrent que c'est moi qui signe les billets de retard aujourd'hui...
Bref. Parfois, je dois m'occuper de tâches ingrates. Il y a une plage 12-14 pendant laquelle je suis de corvée de toilettes. On reste collé à la porte et on fait entrer les mioches au compte-goutte. Le problème, c'est que je suis une véritable quiche en détection de mensonge. Alors je laisse passer tout le monde même ceux qui n'y vont que pour se cacher (bah oui, ils jouent encore au loup ou une variante plus moderne, je ne sais pas trop...) ou pour faire des conneries.
Et puis il faut supporter ceux qui s'ennuient comme des rats morts et qui vous tapent la papotte pendant 2 heures. Ils me posent plein de questions sur ma vie. Alors, je suis obligé de les calmer un peu et de les inciter à rejoindre le foyer pour aller faire leurs devoirs. Je ne me souvenais pas que c'était aussi bébé un collégien. Quand un prof qu'ils n'aiment pas passent devant eux, ils se cachent et ricanent comme des bécasses.
Alors rester debout deux heures à côté d'une porte qui ne fait que s'ouvrir et se fermer en compagnie d'une troupe de 15 gosses infernaux, ce n'est pas humain. Il faut faire preuve de patience. Je me rassure en me disant que je n'aurais pas l'air d'être apprécié si j'étais délaissé comme l'est Brontès. Lui, au moins, il a la paix. Il fait peur à tout le monde.

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