03 juillet 2009

Luscious lips.

Je propose que l’on suspende tous les vols. Ou tous les journalistes. Au choix.

Bref, passons.

Hier je suis allé chez le psy. Je suis parti en retard de la maison alors je me suis garé en vrac sur un emplacement de parking virtuel, j’ai mis 20 cts dans l’horodateur en râlant parce que, vraiment, nous faire payer le parking, c’est un scandale. Au départ, j’avais mis 10cts mais la machine bipait et me demandait « Veuillez introduire un montant égal ou supérieur à 20 cts ». Ça se fait pas de réclamer, d’abord !

Ensuite j’ai eu affaire à l’épreuve de la grosse porte + interphone. Les étiquettes sont à moitié arrachées, on ne voit même plus les noms. J’ai appuyé sur tous les boutons. C’était le dernier ! Je trouve ça d’un compliqué ce système ! C’est au-delà des mes capacités intellectuelles.

Il y avait 50 000 personnes dans la salle d’attente. J’ai demandé à une dame si tout le monde attendait pour le même docteur. Elle m’a dit que oui et alors là, j’ai sans le savoir déclenché une vague de plaintes toutes aussi désespérées les unes que les autres. Il y a un monsieur qui attendait depuis 6 heures. Il aurait mieux fait de rentrer chez lui…

Après ils m’ont raconté (parce que j’ai pas vu ce psy la première fois, c’était son remplaçant) qu’il est tout le temps en train de bouger, qu’il téléphone pendant les consultations, qu’il donne parfois des rendez-vous alors qu’il est en vacances, qu’il donne des rendez-vous le matin et qu’il n’arrive qu’à partir de 14 heures-15 heures. Ça balançait !

Il n’y avait qu’une femme, et j’ai cru que c’était Ed, qui ne disait rien. Elle me donnait l’impression de regarder les autres un peu de haut. Elle a essayé de lire un bout d’un roman en anglais mais elle a abandonné l’idée quand elle a vu que tout le monde continuait à parler.

Une jeune fille (qui jouait avec son téléphone portable) a demandé si elle pouvait partir 30mn. Ils ont répondu « bien sûr » en cœur.

Après ça, le psy a fait son entrée. Je ne sais pas où il était… ça se trouve, il entrait pour la première fois de la journée dans son cabinet.

Le monsieur qui attendait depuis 6 heures est entré. Il y a encore eu quelques plaintes. Un autre patient n’arrêtait pas de se déplacer. La dame à qui j’ai posé la question au début est entrée à son tour. Puis le monsieur qui se déplaçait tout le temps a grillé la place de la femme qui a tenté de lire un roman en anglais. Une fois la porte refermée, elle a secoué la tête d’un air indigné et elle a dit : « Il est gonflé. » J’ai demandé pourquoi car je ne savais pas qu’elle était là avant lui. Elle m’a expliqué. En fait, elle était très gentille.

Bon après ce monsieur qui l’a grillée est sorti et la dame lui a dit : « Merci de nous être passé devant. » Il a dit : « Ah non mais c’est pas pareil, je suis venu le voir personnellement. ». On a rigolé tellement c’était n’importe quoi de dire ça. Il croit qu’on est là pour quoi nous ? Alors on s’est indigné ensemble.

Une autre femme est entrée à son tour me laissant moi et la dame au roman anglais (ah et une autre femme qui n’a pas parlé et qui est arrivée après moi) seuls. Elle a été plus bavarde. Je crois qu’elle m’aimait bien. Elle m’a dit que le comportement des gens en général lui est insupportable, que les gens manquent systématiquement de respect, que changer les mentalités n’était pas une mince affaire et que les personnes sensibles sont les premières à trinquer.

Après elle m’a laissé, c’était à son tour.

Pendant ce temps, y a un type qui est arrivé. Il a entamé une conversation avec moi par : « Vous en avez marre d’attendre ? ». Je commence à peine à expliquer que « oui… » qu’il me coupe la parole et parle, parle, parle tout en me fixant. J’en avais marre de l’écouter en plus il était vraiment fermé, pas moyen d’en placer une ! J’ai prié pour que le rendez-vous avec la dame au roman anglais ne dure pas une éternité !

Mon tour est venu assez vite, ouf !. Je suis entré sans qu’il me le dise. Il était au téléphone (portable) avec un ami bricoleur/mécano amateur. Je suis resté debout, dos à lui en regardant une toile suspendue au mur. Je sentais qu’il me regardait ! Il parlait de freins. Il fallait tout changer sur la voiture. D’abord, il a dit : « bon tant pis, je pars comme ça sinon ça va foutre ma semaine de vacances en l’air, je freinerai pas beaucoup ». C’est pas évident de pas freiner, dis donc ! Insconscient.

Bref. Il m’a dit de m’asseoir mais il était pas tranquille avec cette histoire de frein alors il a appelé sa femme : « Tu peux venir me remplacer, là ? Faut que j’apporte la voiture au garage. » Elle lui a dit (il avait mis le haut parleur) : « Je peux pas Thomas est dans le bain. » « Tu peux pas le laisser dans le bain ? » « Ah non non, je ne peux pas laisser Thomas dans le bain… seul dans l’appartement ! ». Alors il s’est excusé, m’a expliqué ce qu’il allait faire et s’est absenté plus d’une heure en me laissant seul dans la pièce. À 18 heures 45, s’il n’était pas revenu, je serais parti.

Il m’a de nouveau présenté ses excuses avant que le téléphone ne sonne de nouveau. Il a dit : « Rappelle-moi un peu plus tard, j’ai un jeune homme qui a besoin que je l’écoute et qui a été déraisonnablement patient. Je pars à LXHEH de JFJF. Laisse-moi plein de messages. Bises. »

Je lui explique ce que m’a dit son remplaçant et je lui dis que tout va mieux, c’est très bien. Il m’a dit que non, tout ne va pas mieux, ça se voit. J’étais un peu étonné. Il m’a dit ce qui dans mon attitude lui faisait dire ça. Eh bien purée, ça fait peur. Il m’a demandé si j’avais déjà eu une petite amie. J’ai dit oui. Il m’a dit « Vous êtes pas totalement homosexuel alors ». MDR Alors j’ai dit qu’a priori je ne l’étais même pas du tout. J’l’ai pas senti convaincu. Il m’a conseillé un film (je ne peux pas donner le titre, ça multiplierait les chances de me retrouver quoique y a un paquet de liens avant… bref !).

Il m’a demandé si je me droguais. « Joints ? Cannabis ? Pétard ? Cigarette ? » J’ai déjà fumé, oui, d’accord. Il m’a dit que le mieux c’était la cocaïne.

On a parlé de mes études. De mes parents. Ce que j’aime lire, ce que j’écoute, ce que j’apprends, ce qui me plaît, ce qui me plaît pas.

Il m’a demandé si je voulais faire de la politique. Si j’étais socialiste. Plutôt Aubry ou Royal. J’ai dit « ni l’une ni l’autre. » Quand même pas Bayrou ? « Plutôt Mélenchon ». Il m’a dit qu’il a voté front de gauche aux européennes, qu’il trouve ce Jean-Luc un peu vieux mais qu’il est brave. Il m’a demandé si je connaissais les situationnistes. Il m’a conseillé un livre.

Il m’a aussi dit qu’il était freudien et m’a dressé le « tableau clinique freudien ». Mais c’était un peu trop rapide pour mon cerveau endormi alors j’ai pas enregistré.

N’empêche il parle vite, il téléphone sans arrêt, il a l’air de penser à autre chose mais il vous regarde (analyse ?) vraiment et il écoute très bien. Et il est drôlement cultivé. Il a lu des tas de choses, il s’intéresse à beaucoup de chose (l’art, il aime beaucoup l’art, par exemple), il a une mémoire exceptionnelle. Il a cité plusieurs auteurs. J’ai vérifié sur Google, c’était ça au mot près. Vraiment un homme bien.

Il m’a demandé si j’avais assez d’argent pour payer. Parce que « sinon je mets pris en charge à 100% et c’est réglé, je fais ça pour les patients qui ont des difficultés ». Ça coûte 41 euros une consultation (la première, c’est 48). Bon d’accord, on s’en fiche. Enfin non, d’ailleurs, c’est peut-être le seul truc utile de mon blabla mal ordonné…